« Subhâni ! »

أعوذ بالله من الشيطان الرجيم
بـسم الله الرحمن الرحيم
بـسم الله الرحمن الرحيم بـسم الله الرحمن الرحيم
بسم الله بسم الله
بسم الله
الله الله الله
ولا حول ولا قوة إلا بالله

Résumé de l’assise du 18 Septembre 2015 / Jumu’a 4 Dhul Hijja 1436 [Partie 3] :

Allâh ﷻ dit : « Et chaque chose nage dans une orbite [1]. » C’est une réalité qui peut être lue dans un sens comme dans l’autre (de l’orbite), sans que personne n’ait rien à y redire, pour la bonne raison que nul ne peut empiéter sur l’orbite d’autrui. Ceci, tu peux le voir dans le ciel, malgré que les étoiles, les planètes, le soleil ou la terre, aient une vitesse extraordinaire, une vitesse si grande que l’intellect ne peut même pas se la représenter… jamais ils ne se touchent. Tous nagent dans une orbite spécifique, et nul n’empiète sur l’orbite d’autrui. De la même manière, al-dhâhir reste al-dhâhir, et al-bâtin reste al-bâtin. « Entre eux deux se trouve un barzakh, et ils se repoussent l’un l’autre [2] ».

Il apparaît à l’individu doté d’intellect que tout est mélangé… par exemple, ce monde physique, ce moulk que nous appréhendons, on sait tous qu’en lui se trouve un monde invisible. On sait tous par exemple que nous avons un ange à notre droite et un ange à notre gauche. Enfin… à droite et à gauche, si tu considères les choses d’une vision relative au moulk, c’est-à-dire d’une vision comprenant les six directions. Quand tu dis que l’ange se trouve ici à ta droite, c’est comme si tu nous disais qu’il se trouve ici-même, assis avec toi… alors qu’en vérité, son monde est bien différent du tien, son cercle n’est pas ton cercle, son orbite n’est pas ton orbite… jamais tu ne pourras le toucher et entrer en contact physique avec lui.

Chaque chose a une orbite qui lui est propre, sans que jamais aucune orbite n’empiète sur aucune autre. Donc, du point de vue de la logique arrêtée, on dit que l’ange se trouve à gauche ou à droite… seulement dans la Haqîqa, les choses sont bien au-delà de cela. Si tu entrais dans l’océan de son univers, tu verrais qu’il n’a absolument rien à voir avec le tien. Il est effectivement contraint de te suivre et de prendre note du moindre de tes souffles… mais Allâh, exaltée soit Sa transcendance, l’a affilié à un monde qui lui est propre et depuis lequel il te surveille. Toi, tu t’imagines qu’il est confiné dans ce même endroit physique depuis lequel tu considères toute chose, alors qu’il n’en est rien, bien au contraire.

Par la Haqîqa de son Essence absolue, que l’on désigne par « huw », ils dirent « huw Allâh », de sorte qu’Il est celui qui prie sur Lui-même, par l’inconnaissable de l’inconnaissable (ghayb al-ghayb) descendant dans l’ensemble des degrés du monde perceptible (marâtib al-chahâdiya). C’est la raison pour laquelle on dit qu’Il se glorifie lui-même par lui-même, ou qu’Il prie lui-même pour lui-même.

Allâh ﷻ dit : « Transcende (sabbih) le nom de ton Seigneur, le Très-haut (al-A’lâ)[3]. » Il ﷺ est donc le nom de son Seigneur, le Très-haut (al-A’lâ), et il ﷺ est son exemple apparent par excellence (al-mathal al-a’lâ), de par sa nature et son entité, ainsi que de par sa Haqîqa dans les cieux, à savoir tout ce qui peut se trouver de céleste en matière de réalités profondes des noms divins et de sens sanctifiés. De même, la terre renvoie à tout ce qui se trouve de plus bas, en matière de degrés de descente (tanazzul) de l’esprit ainsi que des formes du monde physique. C’est comme si donc, au travers de ce verset, Il disait : « Transcende-toi (exempte-toi) toi-même, dans ce monde existant, de toute limite et de toute attache au monde créé. »

En ce sens, sidi Abou Yazîd al-Bistamiy s’écria : « Subhâni ! mâ a’dhama cha’niy. » (Transcendance à moi ! Quel énorme statut que le mien !) Il dit cela évidemment après que les attaches aient entièrement disparu de ses perceptions, et après avoir compris la distinction entre ce qui est bas (asfal) et ce qui est élevé (a’lâ), et après avoir appris à parfaitement distinguer ce qui relève des cieux de ce qui relève des terres.

Quant à nous, évidemment, nous sommes toujours obnubilés par le monde physique, nous sommes submergés par la matière. Nous avons fait de tous ces degrés des corps finis… lorsque nous parlons du ciel, c’est comme si nous parlions d’un toit, comme celui qui couvre ta maison. Puis, lorsque tu montes dans ce ciel, en avion ou autre, tu dis « Je suis à présent dans le ciel. » Puis quand tu montes un peu plus « Je suis à présent dans le deuxième ciel. » La vérité est évidemment toute autre.

Lorsqu’on parle du ciel, il s’agit d’un monde, un monde complètement différent, qui n’a rien à voir avec ton monde matériel. Lorsqu’on parle de la deuxième ou de la troisième terre, une fois encore, ce sont des mondes complètement différents de ton monde matériel. C’est la raison pour laquelle les gens d’Allâh les ont tous réunis en une hawiya première. Ainsi, lorsque le disciple entre en khalwa, les sept cieux et les sept terres lui sont réunies… mais ce n’est pas une réunion de la matière ! C’est une réunion par la hawiya première, grâce à laquelle il sait et réalise que toute chose n’est qu’illusion, et non pas comme il se l’imaginait jusqu’alors, à savoir un ensemble de corps matériels, durs, opaques.

En ce qui concerne « huwa huwa », ou al-dhâhir… si al-insân al-kâmil est dhâhir, alors on dit que son bâtin, c’est al-Haqq ﷻ. Et si au contraire il est bâtin, alors al-Haqq ﷻ serait dhâhir. Ceci vaudra pour tout Homme à qui Allâh ﷻ aura dévoilé le parachèvement de la manière d’être (khuluq), par Ses différents noms, ou ce que l’on désigne par « khuluq al-Rahmân ».


[1] Sourate Yâsîn, verset 40.
[2] Sourate al-Rahmâh, verset 20.
[3] Sourate al-A’lâ, verset 1.

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