Le revivificateur du siècle, ou le secret des 100

أعوذ بالله من الشيطان الرجيم
بـسم الله الرحمن الرحيم
بـسم الله الرحمن الرحيم بـسم الله الرحمن الرحيم
بسم الله بسم الله
بسم الله
الله الله الله
ولا حول ولا قوة إلا بالله

Résumé de l’assise du 18 Septembre 2015 / Jumu’a 4 Dhul Hijja 1436 [Partie 4] :

Le hadîth nous dit : « Au commencement de chaque siècle, Allâh envoie un revivificateur (moujaddid) qui renouvelle pour cette communauté l’ordre (amr) de leur religion. » [1]

Pourquoi est-il précisé tous les cent ans ?
Parce qu’il s’y trouve 99 années, correspondant aux 99 asmâ’ Allâh al-husnâ, soit l’ensemble des noms divins apparents. Quant aux noms cachés, n’en connaît le nombre que Allâh ﷻ lui-même. A ce sujet, le Shaykh al-‘Alawiy dit qu’il ne s’agissait pas, pour le serviteur, de Le connaître dans tous Ses noms, mais plutôt dans tout ce qui peut être prononcé (lafdh). Parce que chez les gens de la pleine réalisation (tahqîq), tout ce qui peut être prononcé (lafdh) est un nom.

Dès lors qu’on a appris le hâ’ al-hawiya, selon ses sept degrés, cela devient pour nous le nom suprême d’Allâh (al-ism al-a’dham). Alors qu’avant cela, tu disais simplement « hâ’ »… comme un enfant qui apprend les lettres de l’alphabet… et plus tard en grandissant, tu as vécu des années sans jamais lui prêter la moindre attention.

Donc, disions-nous, lorsque cent ans sont complétés… c’est-à-dire cent noms… demeure un nom caché, et qui va le faire apparaître ?
C’est celui qui viendra avec la preuve évidente et l’indication complète, celui qui est un Homme parachevé. Or il se trouve justement que al-Mustafa ﷺ nous enjoignit vivement à prêter bay’a et à suivre les imams : « Choisissez vos imams pour être vos intercesseurs au Jour du Jugement. » Et pour faire ce choix, al-Mustafa ﷺ nous donna des indications, dans de nombreux hadîths.

Selon Zayd ibn Arqam (radiAllâhu ‘anhu) : le messager d’Allâh ﷺ se leva un jour parmi nous, alors que nous nous trouvions à Khama, entre Makka et al-Madîna. Il commença par louer Allâh et Lui faire des éloges. Puis, il exhorta et adressa aux gens le rappel, pour finalement dire : « Ô gens ! Je ne suis qu’un être humain, le messager de mon Seigneur ne va pas tarder à se présenter à moi et je lui répondrai. Je laisse parmi vous deux choses de lourde importance (thaqalayn). La première est le Livre d’Allâh, dans lequel se trouve la guidée et la lumière. Prenez donc du Livre d’Allâh et recherchez constamment le rattachement à lui. » Il enjoignit donc au Livre d’Allâh et nous rappela son importance primordiale, puis il dit : « Et les gens de ma maison (ahl bayti). Je vous rappelle Allâh sur les gens de ma maison. Je vous rappelle Allâh sur les gens de ma maison. Je vous rappelle Allâh sur les gens de ma maison. » [2]

Tout est on ne peut plus clair. Tu te cherches un imâm… ?
Dans ce cas, tu dois tout d’abord t’assurer qu’il fait partie des ahl al-bayt. Mais, que veut dire être un ahl al-bayt ?
Cela veut dire, être de la ‘itra de al-Mustafa ﷺ. Et à partir du moment où le messager d’Allâh ﷺ est lumière… de même, cette ‘itra se doit d’être lumière. Si tu penses qu’au contraire, le corps physique n’a pas nécessairement besoin de preuve et d’indication évidente du statut qui est le sien… cette personne qui n’est même pas en mesure d’exercer la fonction d’imâm sur lui-même, comment l’exercerait-elle sur autrui ?

Comment cet imam se présente-t-il donc ?
L’imam, pour être considéré comme tel, doit être l’épicentre (markaz) des 99, ou autrement dit il doit être ce qui complète les 100. Et ceci ne sera vérifié pour lui qu’après avoir dûment lu, étudié et s’être imprégné de l’entité-même (takhallaqa) de chacun de ces 99 noms. C’est alors, et alors seulement, qu’on pourra dire : « untel a étudié tous les noms » [3], et dès lors, son nom propre deviendra lui-même un indicateur de l’ensemble de tous les noms.

On dira alors : « Untel… son nom est Muhammad ﷺ. » Et ce Muhammad ﷺ, il aura étudié al-Rahmân, al-Rahîm, al-Qawiy, al-‘Azîz… de sorte que, dès lors même que tu prononces son nom, « Muhammad », c’est comme si tu prononçais « asmâ’ Allâh al-husnâ ». Ou comme si ce nom était devenu le titre des noms divins.

Qui sont donc les asmâ’ Allâh al-husnâ ?
C’est Muhammad ﷺ !
C’est-à-dire que ce nom qui est le sien, c’est la beauté (jamâl) des asmâ’ Allâh al-husnâ. Ces noms d’Allâh sont occultés (bâtin), mais leur Jamâl, c’est le Jamâl de al-Mustafa ﷺ, qui est quant à lui apparent d’entre tous, au sein de la Oumma.

« Un messager vous est venu, de vous-mêmes (min anfusikum).» [4] conformément à ce verset, cette réalité vaut pour les gens en vertu du suivi (taba’iya), tandis que pour lui, ce qui vaut c’est « Et Je t’ai façonné pour Moi-même. » [5]

C’est la raison pour laquelle, après les 100 (années, une fois le siècle terminé), l’imam est imam par pure grâce divine (hiba). C’est une grâce, ce n’est pas quelque chose qu’il a gagné par ses propres efforts (kasb), ni par le suivi de qui que ce soit (taba’iya), ni par un échange quel qu’il soit avec qui que ce soit. C’est comme ça, le Seigneur l’a préparé et façonné ainsi, pour être ce qu’il est. Il fit de lui une lumière, manifestée dans une forme corporelle, donnant un exemple du nom de al-Mustafa ﷺ. Et le nom de al-Mustafa ﷺ donne quant à lui un exemple du nom Allâh ﷻ.

C’est pourquoi, en s’imprégnant de ce khuluq, il devient une couleur de la niche (michkât), dans un temps et une époque donnée. Dans le siècle qui est le sien, c’est sa couleur qui flue dans l’ensemble de l’humanité. Puis, lorsque passent ces 100 (années), la lumière emprunte une autre couleur. Toutes ces couleurs, d’une époque à l’autre, sont en vérité des épicentres (marâkiz) menant à un épicentre (markaz) caché (ghaybiy).
L’épicentre de quoi ?
Du hâ’ al-hawiya, bien sûr. Et c’est alors qu’on parle de soixante-dix markaz.

L’étude du hâ’ al-hawiya est répartie en sept lectures… mais en vérité, elles sont plutôt au nombre de soixante-dix. Parce que ces lectures sont prises d’un markaz, selon un markaz, selon un markaz… selon un markaz ghaybiy divin. Et ces soixante-dix markaz correspondent aux soixante-dix voiles se trouvant entre le Vrai et la créature, comme nous en informe le hadîth.

Où se trouve donc la créature ?
La créature, elle se trouve justement dans la représentation de ce hâ’… et parfois, le disciple décrit cela en disant : « J’ai vu le hâ’ comme si c’était une éclipse. »

Comment ça une éclipse ?
Oui, une éclipse (kousoûf), c’est-à-dire au centre du noir, et tout autour de ce disque noir, une bordure de lumière.

Cette lumière de la bordure, d’où vient-elle ?
Elle provient du markaz du lâm premier. Ou autrement dit, elle provient du centre du hâ’ premier. De là, elle jaillit, elle prit forme, elle se manifesta, jusqu’à inscrire une niche (michkât), soit l’exemple premier.

Quant à ce disque noir qui occulte ce qui se trouve au-delà, c’est la création. Revenons au hadîth, tout n’est-il pas clair ? « Allâh créa la création dans les ténèbres. » Tout est dit. La création toute entière est donc bien cette partie ténébreuse. « …puis, Il projeta en elle de Sa lumière. De sorte que celui qui est touché par cette lumière est guidé, tandis que celui qui ne l’est pas est voué à la perdition. » Mais al-Mustafa ﷺ ne s’en tint pas uniquement à cela, puisqu’il ajouta : « C’est pourquoi je dis : le Qalam a séché à propos de la science d’Allâh. » [6] …ou comme s’il te disait : point de discussion possible sur cette réalité.

Alors cette bordure de lumière, d’où provient-elle ?
…évidemment, si tu as pour habitude d’avancer en appréhendant les choses par la logique, ça va être compliqué pour toi. Il y a ici des gens qui disent : « Je suis assis ici, j’écoute, j’essaye de me concentrer, mais je ne comprends rien. »

Evidemment !
Ça, je l’avais précisé au tout début, avant même que nous ne commencions.
Qu’est-ce que je t’ai dit ?
Je t’ai dit que si tu restais limité à ton intellect, ce même intellect auquel tu es habitué depuis toujours et qui te permet de manger et de boire… de toute évidence, tu ne comprendras jamais rien de ce que nous disons. Ici, il faut bien comprendre que nous avons dépassé le niveau de ce confinement premier (al-taqyid al-awwal).

Nous parlons de « huw », mais pas ce « huw » que tu connais. Ici, nous parlons du deuxième « huw », concentré dans la Haqîqa de la hawhiya première. Nous l’avons appelée lâm al-qabd, afin que tu reviennes au nom « Allâh ». Ainsi, soit tu dis directement « lahu », soit tu t’en tiens au adab, c’est-à-dire aux étapes successives du cheminement, en commençant par le hâ’ premier, et tu dis donc « huw », comme pour accéder au nom divin. Puis, une fois parvenu au lâm, tu dis une nouvelle fois « huw ».

Dans le sens : à qui appartient ce lâm ? A Lui (lahu) « lahu le moulk des cieux et de la terre… » [7] A qui (li-man ?) A huw (li-huw) : lahu !

Ici donc, tu auras lu deux lectures, complètes. La première lecture aura consisté en le fait de faire apparaître cette création, faire apparaître ces différents degrés, faire apparaître cette réunion (jam’) que tu as apprise, et qui consiste en le fait de voir et de constater qu’il n’y a rien hormis le Seigneur ﷻ.

Seulement à présent, il s’agit pour toi de le distinguer spécifiquement… et pas dans n’importe quel être humain. Plutôt, il s’agira pour toi de le voir dans al-Insân al-Kâmil, et en nul autre que lui. Parce que c’est lui qui a complété les 99 lectures du domaine des asmâ’ al-husnâ. De cela, il a reçu le sarayân de la beauté sublime (husn) de al-Mustafa ﷺ, qui correspond à la beauté (jamal) de la lumière, et qui se présente et apparaît dans une orbite déterminée, conformément au fait que « Tous nagent dans une orbite. » [8] Son orbite a donc une couleur unique, une couleur qu’aucune autre orbite n’a, et il en demeurera ainsi jusqu’à la fin des 100 ans. Alors, on passera d’une orbite vers une autre, et tu constateras que le flux spirituel (sarayân) de cette nouvelle orbite sera d’une couleur différente à la nôtre aujourd’hui.

La différence, tu la verras dans les différents degrés, dans les lectures, dans les fondements… tandis que la Haqîqa première, elle est et demeure unique. Comme disent les gens d’Allâh : « Tous prennent de al-Mustafa ﷺ. » C’est-à-dire que toutes ces couleurs proviennent d’un seul et même markaz, très profond, un markaz caché (bâtiniy), directement lié à la présence (hadra) divine. Ce markaz est bien au-delà des anges, il est au-delà de toute chose… comme si tu lui attribuais le nombre 360, ou bien les 70, de sorte qu’à chaque markaz que tu traverseras, tu établiras un lien (wasl) avec un imâm, ou un chef guidant la communauté dans un siècle donné.

Dès lors, il est du devoir de tout un chacun de prêter bay’a. Celui qui parvient à cela, et qui comprend le sens profond, la bay’a devient pour lui, comme le dit ibn ‘Ajîba (radiAllâhu ‘anhu), non pas une bay’a qu’on peut choisir de faire ou de ne pas faire (bay’at ikhtiâriya), mais bien une bay’a obligatoire et incombant à tout un chacun (bay’at taklîf).

C’est-à-dire que chaque être humain est dans l’obligation de prendre cette bay’a, chaque être humain est dans l’obligation d’accéder à la vision de la lumière. Celui qui renie ce fait est noyé dans les ténèbres, et celui qui a trouvé le moyen d’y parvenir mais n’a pas pris bay’a, celui-là est le privé (mahroûm). Parce que dans le hâ’ du hâ’, ou dans huwa huw, on ne lit jamais aucune forme de ténèbres. Tout ne tourne qu’autour de la lumière, la lumière unique, réunissant tout, et dépourvue de toute ténèbres. Ce n’est pas comme dans le hâ’ al-hawiya premier, dans lequel tu intègres une éclipse, des créatures, une réunion (jam’)… les gens qui ont fait la khalwa rapportent ainsi avoir vu des pays, des terres, des paysages, des planètes, des cieux, etc. Toutes ces choses sont des créatures. Et une fois réunies, de ces créatures tu apprends et tu tires un secret.

Maintenant, dans le hâ’ al-hâ’, c’est à-dire dans le huwa huw, ce n’est plus une lecture qui va te mener à considérer et à apprendre de la création. Plutôt, il s’agira d’une quête, la recherche du secret de ce qui complète une subha de 100, afin d’être en mesure de regarder la subha, et donc les noms divins, d’une vision de synthèse, pour finalement dire : « Unique et sans associé ! »

Car de fait, 100 ne sont jamais qu’un 1 (Unique), suivi d’un zéro, puis d’un autre zéro. En revanche, tant que tu reste attaché au dhâhir, tu reste attaché aux 99, le 1 demeure occulté de toi, et tu es privé de ce ‘ayn de la Haqîqa. Ce 1, tu ne le trouveras qu’auprès du détenteur du deuxième hâ’, ce hâ’ dont nous parlons en ce moment.


[1] Rapporté par Abou Dawoud.
[2] Sahîh Muslim, Hadîth n°2408.
[3] Référence au verset : « Et Il enseigna à Adam tous les noms. » [s2.v31]
[4] Sourate al-Tawba, verset 128.
[5] Sourate Tâhâ, verset 41.
[6] Musnad de l’imâm Ahmad.
[7] Sourate al-Hadîd, verset 2.
[8] Sourate Yâsîn, verset 40.

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