Huwa : le Nom Suprême d’Allâh

أعوذ بالله من الشيطان الرجيم
بـسم الله الرحمن الرحيم
بـسم الله الرحمن الرحيم بـسم الله الرحمن الرحيم
بسم الله بسم الله
بسم الله
الله الله الله
ولا حول ولا قوة إلا بالله

Résumé de l’assise du 18 Septembre 2015 / Jumu’a 4 Dhul Hijja 1436 [Partie 1] :

Nous revenons donc à la Hadra du lâm al-qabd, ou au hâ’ al-hawiya et plus particulièrement à son markaz. Lorsque nous parlons du lâm al-qabd, c’est en vérité comme si nous parlions de deux hawiya, réunies en une seule, soit ce que les gens d’Allâh désignent par « huw » ( هو ). Le hâ’ ( ه ) vient ainsi avec cinq premiers degrés, puis le wâw ( و ) en apporte six autres, complétant onze degrés… ou comme si le Alif originel se manifestait par le Alif al-mouqaddar. Ou comme si le flux (sarayân) du Un circulait dans l’ensemble de chiffres et des nombres, jusqu’à l’infini. On dit donc au sujet du hâ’ al-hawiya que son épicentre (markaz) est le wâw, que sa formulation est précisément « huw », et que sa pleine et totale réalisation (tahqîq) est « lah » ( له ). Ici donc, tu as bien établi ce qu’était ou ce à quoi renvoyait ce lâm al-qabd, ou cet imâm, dans la Hadra du hâ’ al-hawiya, afin que nous soyons en mesure de le suivre.

Allâh ﷻ dit : « C’est Lui (huwa) Allâh, Celui qui est tel que nulle divinité hormis Lui (huwa) [1]. » « C’est Lui (huwa) Allâh », c’est-à-dire que c’est Lui le Premier (al-Awwal), tandis que « hormis Lui (illa huwa) » renvoie au fait que c’est Lui le Dernier (al-Akhir). Cette hawiya est donc, à l’origine, une hawiya divine, unique, dépourvue de toute multiplicité. Et si la multiplicité se manifeste, du point de vue de ce que peut en concevoir l’intellect, alors notre Prophète ﷺ en marque le commencement, en matière ce qui apparait, et il est en cela le sens que prend le nom divin, au sein du monde perceptible (chahâda [2]).

Fondamentalement, la hawiya réunit les opposés deux à deux, et tu ne peux pas véritablement établir cette hawiya autrement que par la réunion des opposés deux à deux, à l’instar de al-Awwaliya, al-Akhiriya, al-Bâtiniya et al-Dhâhiriya : les natures intrinsèques de premier, dernier, apparent et caché. Toutes ces natures ou toutes ces réalités sont de parfaits opposés, et ces opposés sont entièrement réunis dans le hâ’ al-hawiya. Allâh dit : « Il est al-Awwal et al-Akhir, al-Dhâhir et al-Bâtin [3]. » Cette nature intrinsèque de al-Awwal, elle n’est en vérité nulle autre que la nature intrinsèque de al-Akhir elle-même. Et la nature intrinsèque de al-Akhir n’est autre que la nature intrinsèque de al-Awwal.

C’est la raison pour laquelle nous disons « huw huw », en répétant deux fois. Ou, si nous voulons réunir le tout en une synthèse totale et absolue, on dit « lahu » ( له ). Parce que si tu réfléchis, d’un point de vue purement logique, lorsque tu prononces « huw » d’une prononciation singulière, cela relève de la première lecture. Si tu répètes par deux fois « huw huw », c’est alors comme si tu faisais apparaitre le markaz du hâ’ al-hawiya. Et enfin, si tu prononces « lah », alors une seule prononciation te suffit.

C’est-à-dire que pour la deuxième Lecture, soit du répètes deux fois « huwa huwa », soit tu prononces « lahu » une seule fois, pour te référer, relativement à la hawiya, à deux hawiya réunies en une seule. Le sens de la hawiya est unique, malgré qu’il se manifeste dans l’ensemble des opposés deux-à-deux. Il s’agit d’une seule et même Haqîqa, et d’un nom d’entre Ses noms ; c’est même Son nom Suprême, celui qui réunit tous les autres, au point que les gens d’Allâh aient parfois fait allusion au nom « huwa » comme s’il s’agissait du nom Suprême d’Allâh (al-Ism al-a’dham), du fait de sa nature réunissant l’ensemble des opposés deux-à-deux, mais également pour sa grandeur dans ce fait d’englober absolument tout.

Huwa, c’est-à-dire Muhammad ﷺ, son sens est apparu en deux hawiya : le Premier (al-Awwal) et le Dernier (al-Akhir). De même dans l’Apparent (al-Dhâhir) et l’Occulté (al-Bâtin). Dans chacun des deux cas : huwa huwa. La hawiya d’Allâh est ainsi la hawiya de al-Insân al-Kâmil, sur le plan de la Haqîqa ainsi que sur celui de l’entité, et sa divergence est une divergence dans le statut et dans l’expression, non une divergence dans l’essence-même. C’est-à-dire que depuis le point de vue des illusions, les divergences apparaissent et les choses créées se distinguent les unes des autres. Cependant, en ce qui concerne l’essence-même, elle est bien au-delà de la multiplicité. Plutôt, elle est unique, exclusive, exempte de toute multiplicité. Exaltée soit la transcendance de Celui qui, par Son Essence, est élevé bien au-delà de cette multiplicité : « Toute chose est anéantie, à l’exception de Sa Face. » ou autrement dit : « à l’exception de Son Essence. », ou « à l’exception de Sa hawiya. ». Tel est le tafsîr de ce verset.

Ce nom Suprême (ism al-a’dham) qu’est huw… Mais pourquoi, dans un premier temps, n’était-il pas le nom Suprême ?
Parce que nous ne l’étudiions que dans un degré d’entre les degrés spirituels. Nous parlions alors du hâ’ al-hawiya premier, sans pouvoir le désigner comme étant le nom Suprême d’Allâh (al-Ism al-a’dham). Puis, nous avons parlé de lahu comme étant la seconde lecture de cette lecture première du hâ’ globale. Puis lillâh, puis le fasl et le wasl, puis la Hadra des prophètes, puis la Hadra des messagers, puis leur réunion dans le markaz de la wilâya, et c’est alors que le nom fut complété, dans sa lecture par le hâ’ al-hawiya. Depuis lors, lorsqu’on parle du hâ’ al-hawiya, il ne s’agit plus du premier degré du hâ’, mais bien du nom Suprême d’Allâh. Et de même, si Allâh nous prête vie, et si l’étude de lahu devait être accomplie selon ses sept lectures, alors il deviendrait le nom Suprême d’Allâh (ism Allâh al-a’dham).

Ainsi donc, « huwa » est le nom Suprême d’Allâh, selon deux natures opposées : l’essence-même de la divinité d’une part, à l’instar de al-Awwal et al-Akhir, al-Dhahir et al-Bâtin, al-Mu’tiy (Celui qui donne) et al-Akhidh (Celui qui prend)… Allâh dit en effet : « Ne savent-ils pas que c’est Allâh Celui (huwa) qui accepte le repentir de Ses serviteurs et qui prend les aumônes (saqadât) [4] ? » Le verset est limpide et n’a pas besoin d’exégèse. Il te suffit de revenir à la dimension de ce qui est manifeste, dans la Hadra al-Insân al-Kâmil. Et dans chacun des deux cas : huwa huwa, c’est-à-dire qu’on en revient à la hawiya de al-Bâtin.


[1] Sourate al-Hachr, verset 22.
[2] Chahâda : monde perceptible, opposé de ghayb.
[3] Sourate al-Hadîd, verset 3.
[4] Sourate at-Tawba, verset 104.

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