De la disparition des quatre madhâhib, pour l’établissement des deux

Sommaire :

Résumé de l’assise du 18 Décembre 2015 / Jumu’a 6 Rabi’ al-Awwal 1437 :

Nous revenons à l’étude du lâm al-qabd en ce qui sera le sixième cours de la série. Nous sommes entrés dans le mois béni de Rabi’ al-Awwal, le mois qui vit la naissance de al-Mustafa ﷺ, et également celui durant lequel il retourna au Compagnon ultime (al-rafîq al-a’lâ)… et nous affirmons que notre bien aimé ﷺ est la source de la vie, nommée et désignée dans le Coran par le terme « al-kawthar ». En ce sens d’ailleurs, nous implorons toujours Allâh de nous faire grâce d’une gorgée du kawthar de al-Mustafa ﷺ.

Cette source fut nommée kawthar du fait qu’elle réunit la multitude (al-kathra), et elle est ainsi la source des sources depuis laquelle les formes et les images apparentes se sont multipliées, de même que leurs noms (asmâ’) et leurs lois (ahkâm)… C’est ainsi donc dans la hadra prophétique qu’ils furent tous réunis, la perle resplendissante, au-delà de pouvoir être associée à une couleur, et au-delà de pouvoir même être décrite par qui que ce soit, si ce n’est par ce que le Créateur ﷻ a Lui-même décrit : « un exemple de Sa lumière est telle une niche dans laquelle se trouve une lampe. La lampe est dans un cristal, et le cristal est tel un astre de grand éclat. » cette lumière dont le combustible provient d’un arbre béni, jusqu’au Jour dernier. « lumière sur lumière », c’est-à-dire qu’il y a toujours la possibilité d’un surplus dans la proximité du divin, dans la compréhension et dans la science. Allâh octroie cette lumière, cette compréhension et cette science à celui qu’Il voudra rapprocher, dans Sa présence.

De cette source essentielle jaillirent toutes les sources des noms, toutes les nouvelles (anbâ’) et toutes les informations (akhbâr), de sorte que plus l’individu approfondira ses connaissances et ses compréhensions, plus il s’inscrira dans un retour à la source originelle de vie du Prophète ﷺ. Tout ce qui peut parvenir à l’individu, en termes de théophanies et de manifestations des noms et attributs divins, ne provient de nulle autre que la source de al-Mustafa ﷺ. Ces théophanies se manifestent au disciple afin de lui transmettre une nouvelle (naba’), avec pour finalité le ferme établissement en lui de la connaissance et du tawhîd, conformément au verset : « Sache donc que lâ ilâha illa Allâh. » [1] 

Allâh ﷻ fit de al-Mustafa ﷺ une ka’ba pour le contemplateur des manifestations divines, et de même que les gens se dirigent vers Bakka al-Mukarrama [2] dans leurs adorations, faisant même le tawâf autour d’elle et considérant le rapprochement de celle-ci comme un rapprochement du divin… de même, Allâh ﷻ fit de cette perle blanche (al-durra al-baydâ’), que nul ne saurait décrire, ni en parler, ni même s’y référer, la ka’ba Muhammadienne vers laquelle se dirigent les cœurs des connaissants (al-‘ârifîn). D’entre toutes les théophanies des noms, ils ne contemplent nulle autre que cette ka’ba Muhammadienne, cette perle blanche. Toutes les manifestations qui leur parviennent des différents noms divins ne sont en vérité nulle autre qu’elle.

Certains trébuchèrent, certains perdirent tout ce dont ils avaient été graciés (al-salb), en s’imaginant que ce qu’ils avaient compris, ils l’avaient compris par leur propre intelligence… en s’octroyant à eux-mêmes le mérite des gestes de leurs adorations… alors qu’en vérité tout leur parvint de la ka’ba Muhammadienne, la poignée originelle (al-qabda al-asliya) au sujet de laquelle le Vrai ﷻ dit : « Je pris une poignée (qabda) de Ma lumière et lui dis : Sois Muhammad. »

Il ne créa ainsi le paradis que pour ceux qui le suivirent et lui accordèrent leur soutien. Et inversement, Il ne créa l’enfer que pour ceux qui se seront enorgueillis et auront outrepassé les limites, faisant prévaloir leurs propres personnes sur celle de al-Mustafa ﷺ.

Toute lumière provient de sa lumière ﷺ. De là, il est la source de toute loi, de toute science, de toute compréhension. Lorsque le voile dissimulé fut dévoilé, apparut l’occultation de la source de l’apparition. Le soleil de l’essence s’obscurcit (kuwwirat), de sorte que tu fus en mesure de le décrire… bien qu’en vérité tu n’aies jamais pu percevoir de ce dernier que des rayons. Le Vrai dit en effet « un exemple de Sa lumière est tel… » mais Il ne te dévoile pas quelle est la haqîqa de cette lumière, Il ne t’en donne qu’un exemple. Et cet exemple, Il en fit un soleil, dans la trajectoire duquel tu es à même de percevoir Sa proximité et de saisir la connaissance. La langue s’écrie alors : « J’ai vu mon Seigneur, par l’œil de mon cœur ! », d’une vision qui ne saurait être comparée à aucune vision, ou d’une contemplation sans aucune égale… et ce malgré que l’intellect limité renie entièrement cette possibilité, pour la simple et bonne raison que Allâh est tel que rien ne Lui ressemble. De ce fait, l’œil est incapable de décrire Celui qui serait tel que rien ne Lui ressemble… et l’œil n’étant même pas en mesure de se voir lui-même, comment pourrait-il voir Celui qui est plus proche encore ?
Exaltée soit donc Sa transcendance !

Cependant… au travers de l’exemple prophétique, Il nous offrit un moyen de parvenir à la proximité et à la vision… de sorte que celui qui perd la conscience de lui-même et de tout ce qui l’entoure, alors Allâh ﷻ lui fera grâce de Sa proximité et lui octroiera la vision de sa lumière, conformément à un exemple déterminé. L’individu s’exclamera alors : « Je L’ai vu dans telle manifestation et de telle manière… » et c’est ainsi qu’il sera en mesure et qu’il commencera à s’exprimer quant à l’exemple du Vrai ﷻ.

Celui donc dont la lune (la nafs) se sera éclipsée et pour qui al-qiyâma des noms et des attributs sera survenue, par l’ouverture du ciel de l’essence, devenant la rose des roses, synthétisant l’ensemble des théophanies… jusqu’à ce que « ce jour-là, l’Homme dira : « où fuir ? » le soleil est passé, et je suis le mustaqarr » [3]. C’est-à-dire qu’il réalisera que le soleil a certes tourné autour de lui, et qu’il en aura été la qibla. Et de là, il se dira : « Suis-je celui qui prit l’univers comme qibla et qui accomplit le tawâf autour de lui… ou bien est-ce l’univers qui accomplit le tawâf autour de moi après m’avoir pris comme qibla ? »

C’est lorsque les deux qibla auront été réunies [4] que la nafs connaîtra véritablement les deux madhhab, et qu’elle recevra la science des premiers et des derniers. Dans cette ascension vers le premier ciel, le madhhab châfi’iy, mâlikiy, hanafiy et hambaliy disparaissent, et ne demeurent que deux madhhab : le madhhab al-machriqiy (l’école du levant) et le madhhab al-maghribiy (l’école du couchant). Le madhhab de la levée [5] (churuq) des théophanies, et le madhhab de la disparition (tams) de la haqîqa, en fonction de où elle disparaît pour toi, dans son coucher (ghurub) : est-ce dans ta qibla, ou bien dans la qibla de son churuq ?

C’est ici que tu auras saisi le madhhab de la connaissance ésotérique (ma’rifa), et que tu auras acquis de solides bases qui te permettront d’entrer dans ce cheminement, en accédant à cette connaissance de la haqîqa des quatre madhhab, par la haqîqa des deux madhhab.

Ton entrée dans ce lâm fut une entrée par le désir ardent (al-‘ichq) et la perception subtile des sens profonds… tu as ainsi reçu des dimensions élevées, mais aussi de ta prosternation devant le Miséricordieux… et c’est certes à l’instant où tu te trouves prosterné devant Lui que le Seigneur est le plus proche de toi… et cette proximité demeure dans ton qiyâm, lorsque tu reçois de Lui.

Allâh dit : «  Non ! Point de refuge ! Ce jour, c’est vers ton Seigneur que se trouve le mustaqarr. » De sorte que celui qui aura vu et contemplé, l’aura contemplé pour lui-même. C’est pour lui-même qu’il aura pu contempler toutes ses théophanies.

Les gens de l’éloignement se mirent alors à le dénigrer… et le Vrai le couvrit par des versets établissant qu’il n’est qu’un être humain, un simple adorateur, et que c’est à Lui qu’incombe la réunion et la récitation (du Coran).

Tel est notre Prophète ﷺ.

Un atome de bien, pour d’infinies grâces divines

Durant son ascension ﷺ, il reçut des signes subtiles… parmi ceux-ci, la vision de sa propre image, mais en des formes multiples. Plus exactement, sept formes différentes, au nombres des sept différents degrés de la nafs. Il vit ainsi l’image de lui-même en la personne de Adam (‘alayhi salâm), dans le premier ciel… et ainsi de suite, jusqu’à atteindre le septième ciel, où il se vit lui-même en la personne de l’intime (al-khalîl) Ibrâhîm (‘alayhi salâm).

Il ne lui revenait alors plus que de transmettre le salâm… Puis survint la vision de lui-même, cette vision à propos de laquelle tous les intellects demeurèrent abasourdis, et à laquelle il dit ﷺ : « al-salâmu ‘alaynâ wa ‘ala ‘ibâdillâhi al-sâlihîn » [6], c’est-à-dire à l’intention du détenteur du miroir de la réunion du kawthar prophétique, celui dont le cœur aura atteint l’état de pureté requis pour la réception de la théophanie du Miséricordieux, et qui de ce fait compte parmi ces vertueux serviteurs d’Allâh.

Ce ne sont pas leurs actes qui sont vertueux, mais plutôt leurs cœurs. Des cœurs qui devinrent des miroirs du Vrai, des cœurs qui devinrent un ‘arch pour le nom indicateur de l’essence [7]. Au point même qu’aucune chose ne put recevoir Allâh, à l’exception du cœur de ces serviteurs vertueux qui eux le purent. Il s’agit bien là d’un degré spirituel (maqâm) supérieur à ceux de Adam, ‘Isâ, Mûsâ ou Ibrâhîm… puisqu’il s’agit du maqâm des serviteurs à qui al-Mustafa adressa le salâm depuis sidrat al-muntaha. Bonne nouvelle donc pour celui dont le cœur devint vertueux (sâlih), et qui y vit la forme et l’image du Prophète ﷺ !

Il ﷺ est ainsi donc le contemplé pour lui-même, et le contemplant par lui-même. Sa vision absolue ne saurait s’arrêter au jardin du firdaws de son essence, qui n’est autre que son propre miroir essentiel, dans lequel se manifestent les différentes formes théophaniques des noms divins, si ce n’est sur une forme complète et parfaite. Bonne nouvelle donc pour celui pour qui les cieux et la terre furent repliés comme sont repliés les feuillets d’un livre… un livre qui deviendrait ainsi pour lui maknûn, la forme parfaite de al-Mustafa ﷺ, et dont on boira à la source de son kawthar.

Ces différentes formes (sûra) n’étant autre que l’essence elle-même (‘ayn al-dhât), toutes rassemblent la totalité des noms et attributs, dont les trésors ne s’ouvriront qu’après la partition de cette lune et de cette aube muhammadienne : c’est de-là même que se constitue l’esprit de al-Mustafa ﷺ.

Voici donc ce que nous appelons le farq. Dans chaque atome de l’existence que tu prendras en considération… tu retrouveras l’ensemble de tout ce qui existe. Le Seigneur dit en effet : « Celui qui  accomplit l’équivalent d’un atome de bien le voit. » [8]

Qu’est-ce que cela signifie ?

Et dans un hadith, al-Mustafa ﷺ nous dit : « Craignez le feu, ne serait-ce qu’au travers d’une moitié de datte. » [9]

Cela signifie que la plus insignifiante des action… soit l’équivalent d’un atome d’œuvre, tu peux même considérer un élément de matière physique… si tu en faisais une étude approfondie et scientifique, tu découvrirais qu’en vérité, l’univers tout entier est inclus et latent dans ce même atome. Ainsi donc, si tu accomplis quelque chose, de l’équivalent d’un atome, mais avec une intention entièrement pure, et avec un cœur vertueux (sâlih) alors au Jour dernier (yawm al-qiyâma), cet atome va pour toi éclore et te fera bénéficier de ses trésors cachés et de ses exhalations divine, d’une manière que l’intellect serait aujourd’hui totalement incapable de concevoir. C’est à ce moment précis que tu réaliseras à quel point la miséricorde d’Allâh est vaste, cette si vaste miséricorde qui te fut pourtant réunie dans un point, comme s’il s’était agit du point du bâ’… te faisant apparaître le Livre tout entier, comprenant tout ce qui est, tout ce qui a été, et tout ce qui sera. Ce Livre, tu le trouveras dans ta droite, tu l’ouvriras, tu le contempleras, tu prendras de lui… et tu transmettras à autrui de ce que tu y auras puisé, à la mesure et selon ce qu’Il en voudra.

Ceci donc pour ce qui est de « Celui qui accomplit l’équivalent d’un atome de bien le voit. »

Mais inversement, si ton intention est mauvaise, ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil, alors ce mal t’apparaîtra. « et celui qui commet l’équivalent d’un atome de mal le voit. »

C’est en ce sens que al-Mustafa dit : « Certes le serviteur parle et peut, sans y prêter attention, prononcer une parole relevant de l’agrément d’Allâh, une parole par laquelle Allâh l’élève de multiples degrés. Et certes le serviteur parle et peut, sans y prêter attention, prononcer une parole relevant de la colère d’Allâh, une parole avec laquelle il sombre en enfer. » [10] 

Ce n’est qu’une parole… une seule parole… un seul mot. De la même manière que « Allâh » est un mot, « akbar » est un mot… un mot qui peut t’élever d’une élévation totale et absolue d’où tu découvriras une multitude de réalités cachées. Mais de la même manière, lorsque tu prononces une parole vile, elle t’entraîne dans les mondes les plus bas pour t’y faire découvrir ce que nul œil n’a vu ni nulle oreille entendu.

C’est la raison pour laquelle, et alhamdulillâh, notre tariqa n’est pas fondée sur d’interminables awrâd [11], comme certaines autres… Parce que parmi ces gens qui accomplissent énormément de dhikr quotidien, mais qui n’ont jamais pu comprendre ni percevoir le flux spirituel, cet amour concrétisé qui est sensé fluer dans ces awrâd… ils restent avec la prononciation des mots, passant à côté de leurs fruits. Ils ne prennent donc strictement rien des réalités cachées de cet atome…

Mais alhamdulillâh ! Le commencement de cette tariqa, c’est la source exhaustive du kawthar prophétique. Cette source s’est manifestée, au travers d’un exemple, toujours à la mesure de la capacité de perception de l’intellect inhérent à l’état de servitude, qui en perçut ainsi une étoile… une étoile par laquelle le dit serviteur fut élevé vers les cieux atomiques. Il prit de cette élévation céleste d’incommensurables connaissances ésotériques, par la prononciation de mots… ces mêmes mots qui, prononcés par d’autres, ne les mènent pourtant jamais à la moindre compréhension… Mais toi, tu les as prononcés par ta langue, et tout te fut replié. Par ces mots, ce qui est éternel (al-baqâ’) t’est apparu en ce qui est néant (al-fanâ’). Ces mots te débarrassèrent de ta considération du néant, et te firent perdurer avec ce qui est éternel. Ils te firent resplendir la lumière du Prophète ﷺ, au point que ton cœur soit épris d’allégresse, que tes yeux s’emplissent de larmes, et que ta face tombe prosternée. Tu t’es alors écrié « al-hamdulillah wa al-chukrulillah, pour ce que mes yeux ont vu ».

Certains jouissant d’un intellect plus vaste perçurent la pleine lune… ils se replièrent dans l’origine primordiale et s’éprirent pour elle d’un ardent désir : c’est ainsi que survint pour eux la naissance du Prophète ﷺ, à chaque instant. Celui-là ne peut dès lors plus évoquer la noble biographie du Prophète ﷺ en marquant son commencement au jour de la naissance de ce dernier, et sa fin le jour où il quitta ce monde… pour la bonne raison qu’il ﷺ est concrètement né dans son cœur, et qu’il ne l’a encore jamais quitté !

Il ﷺ demeure ainsi donc, fluant dans nos cœurs, de sorte que sa naissance (mawlid) est une naissance qui n’a pas d’égale, que sa forme (sûra) est une forme qui n’a pas de semblable, que son subtil flux circulant dans les cœurs fait larmoyer les yeux, et de sorte que la goutte (le point) qui en tombe laisse la trace (le alif) de son passage sur la joue… l’amoureux fond ainsi d’un amour fou, tandis que celui qui le regarde se dit que de toute évidence, il ne fait que semblant, c’est de la comédie…

Quant à celui dont les yeux pleurent avant que ne pleure l’œil de son cœur… il devient plein de honte et de crainte vis-à-vis du Miséricordieux. Il ne se gonfle plus d’orgueil devant qui que ce soit. Il est au contraire humble, pauvre, indigent… et il s’exclame alors, par la voix de son cœur : « Mon Seigneur le Riche m’enrichira de ce par quoi Il enrichit le Prophète ﷺ ! »

Goûter à la présence spirituelle de sayidina al-Mustafa ﷺ

Pour le cheminant, il n’y a pas de départ de ce monde (pas de mort) pour notre Prophète ﷺ, bien au contraire : il ﷺ est dans son cœur, où il flue, passant dans son ouïe qui devient l’ouïe par laquelle il entend l’appel ésotérique. Sa langue s’agite alors et prononce des lettres de lumière, de sorte qu’il nous informe de ce qui était, de ce qui est et de ce qui sera.

Dès lors, si ce qu’il voit se concrétise dans sa dimension adamique, il se réjouit d’une réjouissance totale, pour ce flux spirituel (madad) qui lui parvint de al-Mustafa ﷺ. Et si cette annonce à venir s’avère être contraire à ce qui se concrétise dans son monde humain, alors il se réjouit dix fois, car c’est de cette manière qu’il connaît et réalise que sa nafs est entièrement soumise à la volonté divine, qu’elle perçoit de Lui ce qui lui est prééternel, et qu’elle l’accepte, d’une acceptation pleine d’humilité et d’indigence. Elle se prosterne alors et s’écrie : « Voici que je me prosterne devant mon Seigneur… mais, M’acceptera-t-Il comme serviteur, de même que je L’accepte comme Seigneur ? » Voilà comment se développe le goût et la saveur de l’adoration, dans la hadra du Prophète ﷺ.

Lorsque tu entends « le Messager d’Allâh ﷺ »… ah ! si seulement tu goûtais la saveur de la proximité (al-qurb)… une proximité qui implique l’effacement de toute forme apparente (sûra)… une proximité qui fait abstraction de tout ce dont ont pu traiter les quatre écoles de jurisprudence (al-madhâhib al-arba’a)… de ceux qui l’ont décrit ﷺ comme ayant les dents légèrement espacées (mufallij al-asnân) et avec des sourcils tels des croissants de lune… ah si seulement tu l’avais vu dans sa réalité atomique (dharra), et qu’il t’avait fait voir de là ses infinies lumières… s’il s’était manifesté ainsi à toi dans ce qui fut, dans ce qui est et dans ce qui sera, au point que les intellects se perdent, abasourdis…

Tu te serais alors écrié : « Mais qui es-tu… et qui suis-je moi-même, par rapport à toi… serais-tu mon Prophète, auquel j’adresse mes prières ? …mais ces prières, sont-elles de véritables prières, ou bien ne sont-elles qu’ostentation et éloignement ? Ces prières me rapprochent-elles de toi… ? Ai-je véritablement prié sur toi, comme le fit le Transcendant ? Et, ce que j’ai pu percevoir de toi… est-ce bien ta véritable description ? Puis-je en parler et l’exprimer, établissant par là-même la charî’a, et prononcer dès lors de manière explicite : « Je suis le représentant des quatre madhâhib ! »… ou bien m’incombe-t-il plutôt de me fondre dans le suivi (al-ittiba’), le silence et la discrétion ? Ou bien dois-je parler et bouger, priant constamment sur toi, faisant de chaque heure et de chaque instant pour toi prière et glorification ?

Le Prophète ﷺ se tut, puis il dit : « Si tu parviens à en faire davantage… » alors ce sera pour toi davantage de proximité… mais ceci vaut pour celui qui réalise que le Prophète ﷺ est proche de nous, et non pas éloigné…

Tel est notre élu, celui que le Seigneur a élu, et qui fit de sa réalité spirituelle un flux circulant dans le kawthar, de sorte que l’œil put savourer sa contemplation. Certains le virent dans une forme apparente humaine, et ils furent immédiatement épris de honte à sa vue… au point que leurs yeux disparurent et finirent par s’évanouir dans les expressions de son véritable jamâl… et voici que leurs langues se mirent à le décrire d’une manière différente de ce à quoi avait été accoutumé l’auditoire.

Quant à celui qui le vit dans sa forme atomique (dharra), pour lui, le tout fut réuni devant ses yeux, d’une vision de haqîqa. De cette vision contemplative, il but le breuvage. De cette vision contemplative, l’esprit fut saisi, de même que la nafs… de sorte qu’au final, la nafs qui fut saisie (dans le sens de mourir), ce n’est pas celle du Prophète ﷺ… mais plutôt ce sont nos nafs qui furent saisies par et en celle du Prophète ﷺ !

Le Livre dans lequel se trouve notre rappel

Du fait que toute forme apparente ne soit autre que l’essence (al-dhât) elle-même, chacune réunit l’ensemble des noms, car elle est désignée comme étant l’exhaustivité du Verbe (jawâmi’ al-kalim)… mais elle ne saurait éclore et devenir apparente et manifeste que pour celui qui aura reçu l’esprit du Prophète ﷺ… ô toi… es-tu seulement digne de lui, l’as-tu accueilli comme il se devait, afin qu’il vienne pourfendre tes ténèbres et te dévoiler les noms et attributs qui sont les tiens ?

Ou bien l’as-tu accueilli pour qu’il finisse comme témoin, non pas pour mais plutôt contre toi-même ?

Lorsque survint cette aube naissante, toute chose put contempler en elle-même… et Allâh dit : « Nous avons certes fait descendre vers vous un Livre dans se trouve votre rappel (dhikr). » [12] de sorte que ce qui se trouve en vous (vos khazâ’in) étaient originellement réunies en celui par qui se fendit l’esprit du Prophète ﷺ, qui fit alors apparaître votre dhikr, du fait qu’il vous évoqua avant que vous ne l’évoquiez vous-mêmes… c’est lui qui se rapprocha de vous, avant que vous ne vous rapprochiez de lui… en ce sens le hadîth nous dit effectivement que « si mon serviteur se rapproche de moi d’un empan, je me rapproche de lui d’une coudée. Et s’il se rapproche de moi d’une coudée, je me rapproche de lui d’une brasse. Et s’il vient à moi en marchant, je viens à lui en trottinant. » [13]

Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela signifie que tout de toi se trouve en toi-même… et tout ce que tu apprendras (dans la lecture du Nom divin), tout ce que tu atteindras, dans l’ouverture de l’aurore du Prophète ﷺ, dans ta forme apparente synthétique exhaustive, est depuis toujours caché et latent en toi-même, sans que tu n’en aies jamais fait apparaître la moindre part.

C’est donc à présent qu’elle te donne la solution, le sens profond véritable de toute cette théophanie, de sorte qu’apparaisse cette réunion du Verbe (jawâmi’ al-kalim), devenant par là-même la forme apparente de l’existence, de toutes les apparences en une seule et unique, et dans laquelle l’ensemble du Verbe est entièrement réuni.

Bonne nouvelle donc à toute personne qui aura eu le privilège de s’abreuver au kawthar du Prophète ﷺ !

Il est ﷺ, de par sa forme apparente personnelle, qui n’est autre que la hadra du développement ou du détaillement (hadrat al-tafsîl), qui détaille (tufassil) toute chose de l’existence, les mots des noms et des attributs, et toute chose sait de fait qu’en elle se trouve toute chose.

Allâh ﷻ dit : «  et Nous avons développé (fassalnâ) toute chose de manière parfaitement détaillée. » et Il ne fit ce développement (tafsîl) que par Son développement de al-Mustafa ﷺ, et par Son choix et Son élection de l’éminence du Prophète ﷺ, pour qui les versets furent développés à partir de sa forme personnelle, qui n’est autre que jawâmi’ al-kalim, le livre absolu qui fut descendu, parfaitement connaissant du monde perceptible depuis la station du firdaws, le firdaws de son essence (dhât), le paradis étant l’expression de l’occultation du ghayb.

Par cette descente (inzâl), c’est donc le développement de sa forme personnelle qui s’opéra, au travers de ce livre absolu, qui est dans une considération écrite (mastûr) entièrement détaillé (mufassal), et dans lequel se trouve le rappel (dhikr) de nous-mêmes : il est par conséquent plus en droit sur nous que nous ne le sommes sur nous-mêmes. Il a tout droit sur nous, du fait qu’il sait de nous ce que nous-mêmes ignorons. Allâh dit effectivement : « le Prophète est plus en droit sur les croyants qu’ils ne le sont sur eux-mêmes. » [14]

La question reste et demeure donc de savoir si, effectivement, il est plus en droit que toi sur ta propre personne.

Es-tu effectivement du nombre de ceux qui sont concernés par le hadîth : « Aucun d’entre vous ne sera croyant, tant que je ne lui serais pas plus aimé que ses enfants, son père et tous les gens du monde. » [15] et il ajouta, dans le hadîth de sayidina ‘Omar (radiAllâhu ‘anhu) : « jusqu’à ce que je te sois plus aimé que ta propre personne. » [16]

C’est-à-dire qu’en vérité, la prière sur le Messager d’Allâh ﷺ n’est pas de la manière dont ton intellect peut l’entendre. Ta prière et ton lien avec le Prophète ﷺ se limite à une énumération sur tes doigts, ou sur ta subha… et tu restes là, entre tes doigts et ta subha : « Les premiers sont sunna, tandis que l’autre est une innovation (bid’a) »… et tu en oublies que ton lien avec lui ﷺ est une lumière qui, lorsqu’elle jaillit du cœur, brûle et submerge les doigts et les perles qui jusqu’alors étaient pour toi à la fois le moyen et la fin… jusqu’à ce qu’il te parvienne qu’en vérité il existe une fin, un but bien meilleur que tout cela, et jusqu’à ce que te parviennent des choses dont tu n’aurais jamais pu imaginer la teneur, à savoir que cette lumière devienne pour toi une arche, telle l’arche de Nûh (‘alayhi salâm), et qu’elle devienne pour toi l’eau de Vie qui éteignit le feu de Ibrâhîm (‘alayhi salâm), et qu’elle devienne le bâton de Mûsâ (‘alayhi salâm) qui fendit la mer pour t’offrir un isthme (barzakh) entre l’océan de la haqîqa et l’océan de la charî’a… Voilà, c’est ainsi que ton cheminement devint un cheminement depuis Allâh, vers Allâh… et non plus depuis ta propre personne, vers ta propre personne.

C’est la raison pour laquelle il ﷺ dit : « Si j’avais eu à prendre un ami intime (khalîl) en dehors d’Allâh, j’aurais certes pris Abu Bakr. » Abu Bakr est de lui et en lui, son ami intime. En témoigne le Seigneur exhaustif (al-rabb al-jâmi’), contemplant par là-même l’ultime synthèse de sa propre haqîqa, dans la forme qui lui est propre, et qui n’est autre que le Livre absolu (al-kitab al-mutlaq) établissant le descriptif précis et exhaustif de toute chose.

C’est donc de là que Abu Bakr -ainsi que d’autres- devint son ami intime, c’est-à-dire par et au travers de cette relation intime (khillah) qu’entretenait le Messager d’Allâh ﷺ avec son Seigneur.

Car certes, Abu Bakr est tel un organe d’entre ses organes, il est en lui ﷺ… raison pour laquelle le Messager d’Allâh ﷺ dit : …et ceci est dirigé spécialement à ceux qui renient le lâm al-qabd, ceux qui renient le deuxième secret… Parce que aujourd’hui nous vivons dans un monde et à une époque… Le disciple vient ici, dans un premier temps il veut apprendre. Mais voilà qu’au bout d’un ou deux mois, ou un ou deux ans, c’est lui qui se met à décider de quels seront ou non les fondements de la Voie… c’est lui qui fait descendre les pensées, et c’est lui qui détermine les étapes du cheminement. Il renie tel fondement et confirme tel autre…

Sayiduna ‘Ali Jamal al-Jammâl, puisse la miséricorde d’Allâh le combler, qui est un Shaykh de notre sanad et de notre Arbre, dit en ces termes : « Si le Shaykh prononce une parole, et qu’un doute vient à gagner le disciple à propos de cette parole, alors ce sera pour lui une privation (salb) définitive, quand bien-même cela surviendrait après qu’il ait reçu la grâce divine. »

Car ce faisant, c’est comme si tu avais méprisé la destinée (al-‘inâyah) qui te mena jusqu’à l’écoute de cette parole… et au final, la dite parole n’aura été pour toi que la cause te révélant enfin dans son miroir ta propre réalité, à savoir que tu es du nombre des gens du doute et de la privation (salb).

Vous les disciples, lorsque vous vous rencontrez, c’est toujours ce type de paroles que vous échangez : « Non… mais le Shaykh a dit telle chose qui était vraie, et telle autre qui était fausse… » SubhânAllâh, c’est donc toi le barzakh, c’est toi le Shaykh, tu es sidi AbdelQader al-Jilâniy : tu distingues le vrai du faux, tu confirmes et tu valides ce qui est juste… toi qui pourtant, le jour où tu es entré dans la zawiya pour la première fois, n’étais qu’un morceau de charbon, tout noir, dépourvu de toute lumière, de toute lueur, de toute aurore, dépourvu de toute forme propre au Prophète ﷺ qui se serait révélé à toi… et après avoir ici connu et reçu la lumière du Prophète ﷺ, qui depuis lors flue en toi et grâce à laquelle tu as commencé à apprendre… voilà que tu te permets d’émettre des avis sur celui qui t’a transmis tout ceci. Tu t’es érigé en enseignant, et tu entends faire de lui ton apprenti. Voilà la vérité.

Le Shaykh aime que son disciple accède à la vie. Il souhaite pour lui cette vie de lumière, et pour ce faire il lui ôte les ténèbres qui recouvraient son cœur, puis il y sème la lumière… Et en fonction de la proportion lumineuse que tu perçois… oui mais toi, tu n’as jamais pensé, tu ne t’es jamais posé la question de savoir où donc était passée cette part de ténèbres qui avait laissé place à la lumière.

Je vais te dire où elle se trouve.

Toi, tu viens, et tu prends une lamha. Ou tu prends une lune, ou un soleil de lumière, de ton Shaykh. Tu n’avais auparavant absolument rien de cela : tu n’étais que sombres et opaques ténèbres. Le fait que la lumière se soit établie en toi implique nécessairement que des ténèbres t’aient été retirées. Et ces ténèbres, ne crois pas qu’elles sont parties comme ça, dans le vent, on ne sait où… Non, elles sont parties chez ton Shaykh. Car ton Shaykh veut pour toi la vie. Il te donne donc la lumière, et il te retire des ténèbres. C’est lui qui porte tes ténèbres.

Si tu prends de lui une lune lumineuse, il prendra de toi la lune d’une éclipse. S’il te donne une galaxie de multiples étoiles, c’est qu’il prend de toi une galaxie de ténèbres en contre partie, et il en supporte le poids à ta place.

Et toi lorsque tu parles… lorsque tu exprimes des choses… quoi que tu fasses et quoi que tu aies fait,  quoi que tu aies pu dépenser dans le bien… tu ne pourras jamais porter les ténèbres d’autrui. Cependant le Shaykh, il prend bien les tiennes.

Si nous renouvelons le pacte (al-bay’a) tous les ans, c’est pour s’assurer du non retour de ces ténèbres à ce qui fut leur emplacement au tout début. C’est pour que tu gardes à disposition cette réserve de lumière, comme s’il s’agissait d’une banque, ou d’un stock que tu vas garder en lieu sûr pour au moins 360 jours.

Personne ne pourra jamais rien porter à ta place… mais le Shaykh, il porte pour toi une part de ténèbres. Et si tu plongeais dans ces ténèbres, ton intellect serait médusé, de la même manière qu’il le fut par ce qu’il découvrit dans la lumière divine. Car lorsque tu es entré dans cette lumière divine, qu’y as-tu découvert ?

Tu as découvert le paradis, les anges, les prophètes, les noms divins… mais si tu entrais dans ces ténèbres, tu y découvrirais les esprits les plus vils, tu y verrais Qârûn et Hâmân, ta propre nafs égarée, les démons qui s’employaient à te barrer la route… c’est de tout ceci que tu as été délesté. Et en contrepartie, tu as reçu la lumière.

Pour cette seule raison : fais preuve d’un bon comportement (adab). Comporte-toi bien, c’est le minimum. Nous avons appris, enfin parmi les choses que l’on apprend en société : si tu venais à éprouver la faim ou la soif, et que quelqu’un venait te donner une gorgée d’eau… tu t’en souviendrais toute ta vie. Que dire donc de quelqu’un qui t’aurait délesté d’une part de ténèbres, et te l’aurait remplacée par la lumière ?

Mais toi, après un mois ou deux… tu proclames haut et fort que cette lumière est à toi, que tu l’as gagnée en menant un combat contre ta propre nafs… Mais je te mets au défi de prendre avec toi les gens ici présents qui n’ont pas encore pris la bay’a : fais les rester avec toi des nuits entières dans le dhikr… ils ne verront jamais rien. D’autres n’ont fait que toucher la main du Shaykh, et ils ont vu… et ils continuent de voir jusqu’à présent.

Même si tu parvenais à retirer une planète de son emplacement, même si tu parvenais à rapprocher la lune jusqu’à ce qu’elle touche la terre… tu resterais complètement incapable de prendre les ténèbres d’autrui.

Or, celui qui le fit ne se chargea pas uniquement du fardeau de tes ténèbres, mais plutôt il prit la charge d’une multitude de ténèbres… et ces ténèbres, ne vous imaginez pas qu’elles resteront chez le Shaykh pour l’éternité ! Non.

De la même manière que nous nous sommes retrouvés en ce lieu, nous nous retrouverons au Jour du Rassemblement. Et en ce Jour, toute personne qui aura dénigré, toute personne qui se sera érigée en ennemie de la Voie d’Allâh et sera restée dans l’éloignement de al-Mustafa ﷺ… nous lui remettrons son cadeau : nous lui retournerons ces ténèbres. C’est-à-dire donc qu’en vérité, les ténèbres sont prises des uns pour être données aux autres.

Pourquoi ?

Pour la simple raison que ces ténèbres… lui, il a travaillé pour elles, toute sa vie durant. Un autre travaillera toute sa vie pour la lumière, il veillera ses nuits dans les adorations, ou bien il jeûnera ses jours, ou il se révélera en état d’indigence et de nécessité totale du Miséricordieux, pour qu’Il fasse poindre en son cœur de Sa resplendissante lumière… jusqu’à atteindre ce à quoi il avait réellement aspiré, après quoi il demeura dans la présence du Shaykh afin d’apprendre de cette lumière, et il commença alors à percevoir des compréhensions et des sciences inhérentes à un Nom qui, jusqu’alors, n’avait pour lui pas tant d’importance que cela… mais à présent, son intellect a bel et bien été subjugué par son hâ’, par son lâm et par son alif. Après y être entré, il est totalement incapable d’en sortir, encore moins de le renier !

Cependant il y en a bien d’autres qui ont dénigré tout cela. Ceux-là ont travaillé pour cet état d’éloignement, ils ont fait des efforts dans les critiques, dans les insultes et les calomnies… Or le Seigneur dit : « Celui qui voue de l’hostilité à l’un de Mes waliy, Je lui déclare la guerre. » Les badauds s’imaginent parfois que la guerre d’Allâh consiste en le fait que des anges descendent du ciel pour les combattre avec des épées… toujours, la stupidité les neutralise. La guerre d’Allâh contre toi, c’est que au Jour du Rassemblement, tu te retrouves à recevoir les ténèbres des gens de bien, après avoir été du nombre des autres… et ces ténèbres s’amoncelleront alors dans ton cœur, comme nous en informe le hadîth, de 70 automnes… Et lorsque le Prophète ﷺ fut questionné sur la description de l’enfer, il répondit : « Il est à présent tout noir (muswaddah) » et nous, nous sommes de la communauté du Prophète ﷺ, c’est-à-dire de la communauté de ce même présent. Donc dès lors que l’enfer est à présent tout noir, sache que ce que prend de toi le Shaykh, c’est justement de cette part ténébreuse.

Prépare-toi donc, pour le Jour dernier, lorsque tu le rencontreras… car je crains qu’il ne retourne le dépôt à ceux qui le méritent. Et ce Jour-là, comment le renieras-tu… comment le renieras-tu, comme  tu te plais à le faire aujourd’hui ? Toi qui as pourtant vu cette lumière de tes propres yeux, et qui continues encore de la voir ! Plus tu redoublais d’efforts dans les adorations, plus cette lumière grandissait et se précisait pour toi. Malgré cela… lorsque tu fus mis à l’épreuve, par une parole ou par une indication, tu t’es insurgé contre le Shaykh en affirmant qu’il était dans l’erreur, et qu’il ne comprenait rien à ce domaine… peut-être qu’il comprenait des choses lorsqu’il revenait à la réunion (al-jam’) du hâ’, mais dans la diffraction (al-farq) qui suit le hâ’, ça y est il ne comprend plus rien…

SubhânAllâh !

Le Shaykh ne comprend rien dans le farq… alors que pourtant il t’enseigne des différentes sources, en retournant à la source originelle… il t’enseigne comment elles se sont toutes distinguées les unes des autres, et comment elles sont apparues.

Fais attention à toi… et tiens ta langue ! Tiens ta langue, et tiens tes pensées, avant de te voir sombrer dans un état d’oppression (qabd) qui te détruira… plutôt que de saisir (qabd) ta nafs d’un saisissement spirituel et de t’enseigner par là-même le définitif non-retour à ta propre personne.

Disions-nous donc : Abu Bakr était tel un membre parmi les membres (de son corps) ﷺ. Raison pour laquelle il dit ﷺ : « Abu Bakr et ‘Omar sont pour moi au même niveau que l’ouïe et la vue. » [17] et il dit ﷺ : « Que nul ne transmette de moi, si ce n’est ‘Ali, ou moi-même. » ‘Ali est donc au même niveau que sa langue ﷺ. Et dans le hadîth de Anas (radiAllâhu ‘anhu) : « « Il ne convient à personne de transmettre cela, excepté un homme de ma famille. » ‘Ali invoqua alors, et il reçut cela. » c’est-à-dire que c’est lui qui est devenu le transmetteur du Prophète ﷺ.

Vous savez bien lire les hadîth… mais les appliquez-vous sur vos propres cœurs ?

Si al-Mustafa ﷺ… oui, pour vous les gens du deuxième secret !… si al-Mustafa ﷺ te dit « Abu Bakr et ‘Omar sont pour moi au même niveau que l’ouïe et la vue, et ‘Ali est pour moi au même niveau que la langue qui s’exprime. »… cela veut bien dire que, si tu veux rester comme bon te semble, toujours à ta guise… il va falloir effacer le lâm ! Si on ne veut pas heurter ta sensibilité, nous allons devoir supprimer un lâm du Nom divin.

Oui, parce qu’il y a un certain groupe de gens qui n’aiment pas le deuxième secret. Après cela, nous supprimerons aussi le lâm al-ma’rifa, pour ceux qui n’aiment pas le troisième secret. Et puis nous supprimerons le alif al-fardâniy, parce qu’un groupe ne l’a toujours pas compris. Et nous supprimerons le hâ’ al-hawiya, parce qu’il est difficile pour certaines personnes… Alors voilà, nous aurons supprimé le Nom !

Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela signifie que nous devrions supprimer ce qui est éternel (al-baqâ’), et garder ce qui est néant (al-fanâ’). Nous devons être des adorateurs d’idoles, des adorateurs de nafs, des adorateurs des passions…

C’est la raison pour laquelle tu dois luter et aller à l’encontre de ta propre nafs. N’agis pas à la manière de celui qui dit oui à tout ce qui lui convient, levant sa main pour prendre la bay’a… puis, dès que quelque chose lui déplaît, il renie son engagement et rejette la Voie d’Allâh.

Comme le dit le Shaykh al-‘Alawiy : « Je recherche la protection d’Allâh contre la privation (al-salb) après avoir reçu la grâce divine. » Et ne t’imagine pas que la privation (al-salb), c’est lorsque tu laisses tomber la Voie, et que tu ne fais plus le wird.

La privation (al-salb)… tu restes à pratiquer le wird… tout simplement parce que le wird, tu dis et tu admets que c’est le Prophète ﷺ qui l’a rapporté. C’est lui qui nous a enjoint à al-istighfâr, à la prière sur lui, etc. Oui… mais cette lumière, elle vient d’où ? Pose-toi les bonnes questions !
Et cette retraite spirituelle (al-khalwa), qui t’y a fait entrer ?

Et ce secret (al-sirr), qui te l’a révélé ?

Et ces sciences qu’aujourd’hui tu étudies et que tu commences à comprendre… au point de les goûter et de les retrouver explicitement détaillées dans le Coran, lorsque tu le lis… malgré que ton Shaykh ne connaisse pas encore al-farq. SubhânAllâh… Le Coran, tu commences à en faire le tafsîr, tu comprends le sens profonds des versets, tu mets en évidence les réalités qu’ils recèlent… d’où est-ce que tout cela t’est venu !?

Pose-toi les bonnes questions.

Regarde-toi dans le miroir… pour ne pas tomber dans l’erreur ! Car beaucoup l’ont commise, cette erreur… « Non, le Shaykh connaît al-jam’, mais il ne connaît pas al-farq. »

Qu’est-ce que al-jam’ ? C’est l’Essence suprême (al-dhât al-‘aliya), ou bien quoi ?

Et comment toi tu pourrais connaître l’Essence suprême, sans connaître les noms (al-asmâ’), les attributs (al-sifât) et les lois (al-ahkâm) ?

Tu connais l’Essence, mais tu ne connais pas les noms ? Mais ces noms, ce sont les noms de qui !?

Ce sont évidemment les noms de la dite Essence !

Et les lois (al-ahkâm), d’où viennent-elles ?

Elles viennent du flux (al-sarayân) de l’Essence.

Et les actes (al-af’âl), d’où viennent-ils ?

Ils viennent des mouvements (al-harakât) de l’Essence.

SubhânAllâh !

Avant de venir ici… soyons honnêtes… tu ne savais même pas quelle était la première des créatures. Tu n’avais absolument aucune idée de cela, jusqu’à venir ici et apprendre le mouvement (al-haraka) et l’immobilité (al-sukûn). Et même là, tu n’y es pas encore… parce que l’origine première, ce n’est même pas cela. Et même ce ‘amâ’ (chaos originel) dont tu entends parler dans le hadîth « Où était notre Seigneur avant la création de la création ? Il était dans al-‘amâ’. » …tu ne sais même pas ce qu’est al-‘amâ’, alors où en es-tu de connaître Celui qui était dans al-‘amâ’ ?

Sois donc lucide sur toi-même !

Tout ceci n’est qu’une mise en garde, pour t’éviter de tomber, à cause d’une parole… une parole que tu considères simple et sans importance, sur ta langue… mais si, selon le hadîth, une parole peut te faire chuter de 70 automnes en enfer, dans le cas présent, ta parole t’y fera chuter à l’infini, vers les profondeurs les plus abyssales.

Disions-nous donc… c’est la raison pour laquelle le Prophète ﷺ dit : « Je suis la ville de la science et ‘Ali en est la porte. » c’est-à-dire qu’il était la langue de sa science, apparente comme cachée, comme en atteste son affirmation : « Questionnez-moi sur ce qu’il y a au-dessus de l’au-dessus (fawq al-fawq), et en dessous de l’en-dessous (taht al-taht). » Ceci est la parole de ‘Ali (karramAllâhu wajhah) ! Et il disait également : « Je suis le Livre d’Allâh qui parle. »

Il est donc la langue de al-Mustafa ﷺ.

Et il dit ﷺ : « Voici la main de ‘Uthmân -tout en levant sa main-. » Voilà… donc ne vas pas t’imaginer que les secrets n’ont aucune source. Tout provient du Coran et de la Sunna ! Quand je te parle du deuxième secret… si tu ne l’as pas compris, ce n’est pas un problème : avec le temps, tu le comprendras. Mais à qui cette compréhension est accessible ?

Elle est accessible à celui qui cherche dans les hadîth de al-Mustafa ﷺ, et qui se consacre à la lecture du Livre d’Allâh. Voilà celui qui le comprend !

Celui qui le comprend, ce n’est pas celui qui, après l’avoir entendu, va roupiller sous quatre couvertures !

Ce n’est pas non plus celui qui, après l’avoir entendu, s’en va écrire des messages sur facebook jusqu’à 1h00 du matin !

Pour celui-là, d’où va donc pouvoir lui venir la compréhension ? Qui va bien pouvoir te le faire comprendre, ce deuxième secret !?

Ceux avec qui tu passes ton temps à chatter peut-être ? Ces gens-là, le pire, c’est qu’ils ne sont peut-être même pas musulmans d’ailleurs. Alors c’est eux qui vont te transmettre le deuxième secret, et puis le troisième, et puis…

Arrête, va lire le Coran ! Lis le Coran, arrête-toi sur les versets de la lumière, et trouves-en l’exégèse, verset par verset ! Puis lorsque tu termines avec les versets de la lumière, va et lis les versets qui mentionnent l’étoile et la lune. Entre par la porte des lumières, compte et énumère les qawâsim du Coran, connais leurs stations, découvre pourquoi ils ont été répétés tant ou tant de fois… et pourquoi la sourate al-Baqara a été nommée al-Baqara, lis l’histoire de cette vache, quel est son statut, et pourquoi est-elle la première des sourates… apprends, intéresse-toi un petit peu… plutôt que de passer ta nuit à chatter, pour ensuite venir me casser la tête au petit matin.

Si tu prétends effectivement à la ma’rifa, sois digne de cette ma’rifa !

Le Shaykh est ton miroir. Si tu affirmes que le Shaykh ne comprend rien au farq… alors sache que tu es complètement ignorant du farq. Dès lors que tu considères que le Shaykh ne comprend rien aux sources (manâbi’) du farq… sache que c’est ta propre personne qui est ainsi, tu ne comprends rien. Car si tu y comprenais vraiment quelque chose, tu constaterais justement que ton Shaykh est une référence dans ce domaine.

Nous disions, al-Mustafa dit ﷺ : « Voici la main de ‘Uthmân -tout en levant sa main-. » ceci est rapporté par al-Bukhâriy, dans son Sahîh. Tu ne peux donc pas critiquer ce hadîth. Si donc le Livre Muhammadien ﷺ se manifeste à nous, en lui se trouve notre rappel (dhikr), et celui de nul autre que nous mêmes. Car Allâh ﷻ dit : «Quiconque voit, ne voit que pour lui-même. » [18] …et celui qui ouvre le Livre d’Allâh, il constate qu’il est lui-même la sourate al-Baqara, qu’il est la sourate Âlu ‘Imrân, qu’il est la sourate al-Ikhlâs… il n’y a rien d’autre que toi-même. Et dès lors, tu te retrouves, fluant dans le Livre.

Mais pour te rendre compte à quel point tu es idiot… pour comprendre qui est celui qui ne comprend rien au farq… à chaque fois que tu lis la sourate al-Baqara, et je le jure avec la main droite, où est-ce que ta pensée t’emmène ?

Tu vas évidemment vers Mûsâ (‘alayhi salâm), vers les bani isrâ’îl, vers cette vache qui a été égorgée près du vieil homme et dont on a pris une partie pour ensuite frapper le corps mort de l’homme, qui revint immédiatement à la vie, et qui témoigna contre celui qui l’avait tué… Voilà tout.

Ne viens pas me dire que toi, tu comprends et tu perçois quelque chose. Jamais de ta vie tu n’as lu la sourate al-Baqara… d’une lecture qui t’aurait fait revenir à la vie, devenant dès lors un témoin contre ta propre nafs, pour tout ce que tu as commis… parlons en toute franchise.

Nous non, lorsque nous la lisons, nous la lisons en considération de ce sens profond. Alors, à présent, qui connaît al-farq ? Et qui connaît al-jam’ ?

Tu constateras qu’en vérité, tu n’as ni farq, ni jam’.

Alors corrige tes yeux, corrige ton miroir et comble-le de la lumière de al-Mustafa ﷺ.

« Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais plutôt les cœurs »

La nafs est unique, et celui qui perçoit (al-mubsir) n’est autre que celui qui est perçu lui-même. « Exalté soit-Il au-delà de ce qu’ils associent. » Dès lors, retourne, depuis al-farq vers al-jam’, réunis ta réunion dans la réunion de la source du kawthar de al-Mustafa ﷺ : tu ne trouveras dès lors plus nul autre que Allâh ﷻ. Son apparition ne sera alors pas une apparition qui ferait suite à une occultation préalable. Il n’est pas d’autre que Lui-même pour lui apparaître, ni pour apparaître par lui. Si tel avait été le cas, cet autre que Lui-même aurait été considérable avec Lui, à travers cette vision. Plutôt, Il est le premier (al-awwal) pour Lui-même et Il est le dernier (al-akhir) pour Lui-même. Il est l’apparent (al-dhâhir) pour Lui-même, et Il est l’occulté (al-bâtin) pour Lui-même. Nul autre que Lui n’a d’existence, et nul autre que Lui ne saurait être pris en considération, de sorte que ni l’apparition (al-dhuhûr) ni l’occultation (al-butûn) n’ont précédé ce qu’Il est, tel qu’Il est.

Dès lors, retourne au hâ’, lis-le par le lâm al-qabd, et fais preuve du plus parfait des adab dans la hadra du lâm. Si tu fais effectivement partie des gens du lâm, alors tu seras retourné et tu l’auras lu par le hâ’ al-jam’, et tu auras alors évidemment su qu’il n’y a que Allâh ﷻ.

« Il ne convient pas au soleil de connaître (tudrik) la lune » car le soleil se connaît lui-même dans la lune, et la lune se connaît elle-même par elle-même, contemplant son essence (dhât) dans l’ensemble de ses noms (asmâ’) : telle est la lune exhaustive (al-qamar al-jâmi’), qui n’est autre que la forme apparente de al-insân al-kâmil. Ce dernier est ainsi la diffraction exhaustive (al-farq al-jam’iy) de la lune, car la lune (al-qamar) n’a pas de lumière qui lui soit propre, de même que l’étoile (al-najm) n’a pas de lumière propre : toutes deux ne font jamais que refléter la lumière leur parvenant de la hadra du soleil. Et si la lune est en mesure de refléter cette lumière du soleil, ce n’est que dans la mesure où elle adopte le meilleur comportement (adab) vis-à-vis de la véritable source originelle, c’est-à-dire en faisant en sorte que chaque mouvement soit parfaitement barzakhiy, sans rien en plus ni en moins.

Alors, tu t’es effectivement écrié : « J’ai un croissant, ou un quart, ou une pleine lune ».

En revanche, dans le cas contraire, il se peut que tu sois entré dans une phase d’éclipse, de laquelle tu ne perçois plus aucune lumière… tu t’écries alors : « Où est mon soleil ? Et où est ma lune ? Et où sont mes étoiles ? » Tu constates alors que tu n’as plus élévation, ni plus rien de céleste. Tu comprends que tu as sombré et que tu t’es complètement perdu… au point que si tu sortais ta main, tu ne la verrais même pas, et tu ne pourrais la renvoyer ni au farq, ni au jam’ : telle est donc ta haqîqa, toi qui as contrevenu à cette Voie de vérité, au sujet de laquelle al-Mustafa ﷺ dit pourtant : « Voici la Voie d’Allâh : suivez-la donc, et ne suivez pas les sentiers (qui s’en écartent). »

Disions-nous donc… elle (la lune) contemple son farq al-jam’iy, qui comme nous l’avions dit n’est autre que l’ensemble de tous les noms détaillés dans leur synthèse essentielle (al-asmâ’ al-tafsiliya fi jam’iha al-dhâtiy), c’est-à-dire la haqîqa absolue. Ainsi, le témoin (al-châhid) est témoin d’apparition et d’occultation, à la fois synthétique (ijmâl) et développée (tafsîl), d’une vision totalement accomplie, de sorte que : « Quiconque voit, ne voit que pour lui-même. » [19], et sa vue ne se fait que par lui-même en lui-même, de sorte que si ta vue se retourne [20], tu ne verrais toujours que toi-même.

Le soleil est et demeure la lune elle-même, et « Il ne convient pas au soleil de saisir (tudrik) la lune, de même que la nuit » de l’occultation « ne saurait devancer le jour » de l’apparition. Nous sommes donc, avec l’apparition (al-dhuhûr), dans al-‘amâ’, c’est-à-dire là où se trouvait notre Seigneur avant la création de la création. Où est donc cette création, alors qu’Il est l’apparent (al-dhâhir) ?

Allâh dit, et alhamdulillâh, c’est un verset explicite, une preuve éclatante pour nous : « Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, » car les yeux ne voient en vérité que Lui « mais plutôt ce sont les cœurs dans les poitrines » [21] parce que les cœurs sont voilés et constituent eux-mêmes des voiles se privant de se voir eux-mêmes. Ce n’est donc qu’à cause d’eux-mêmes et par eux-mêmes qu’ils se privèrent de la vision d’eux-mêmes, de sorte que : «Quiconque voit, ne voit que pour lui-même. Et quiconque s’aveugle ne s’aveugle que contre lui-même. » [22] car l’aveuglement n’est jamais qu’un aveuglement de soi-même…

Si tu n’as pas compris, ou si tu restes complètement ahuri suite à ce cours… alors questionne-toi toi-même, un de ces jours… : aimes-tu le Shaykh de la même manière que tu t’aimes toi-même ?

C’est-à-dire que si tu aimes par exemple manger des pommes… es-tu capable d’aimer cela pour autre que toi-même ? Si tu y parviens, alors tu auras au moins vu une petite partie de toi-même.

Mais toi évidemment… tu n’as jamais aimé ni ton Shaykh, ni autre que ta propre personne. Plutôt, tu t’es tellement aimé toi-même que tu es devenu un voile contre toi-même… et lorsque tu t’es mis à parler, tu as commencé à prétendre à ce qui n’est pas à toi.

C’est la raison pour laquelle tu constates que tu es loin, très loin de tout ce que nous disons ici… tu es loin, alors que cette réalité est proche de toi, qu’elle te voit, de la même manière que toi tu la vois d’ailleurs… seulement ton cœur est rempli, submergé d’une multitude d’autres choses, si bien qu’il est totalement incapable d’ouvrir son œil par l’aube naissante de al-Mustafa ﷺ, afin de découvrir et d’atteindre le véritable saisissement contemplatif, dans une qibla unique vers laquelle il consacrerait tout son être, sans belles paroles en l’air, sans histoires à dormir debout… que du véritable et authentique, de l’instant présent, cet instant dans lequel tu es créé et au cours duquel tu chemines vers le Miséricordieux… alors, es-tu vraiment ce type de personne ?

C’est pour cela que nos maîtres, qui vinrent avant nous, éprouvèrent leurs disciples, avec par exemple des épreuves qui impliquaient le sacrifice de leurs propres personnes… et toi aujourd’hui, tu te plais à raconter ces histoires autour d’un verre de thé… mais sans jamais rien en mettre en pratique. Si nous te demandions ne serait-ce qu’une toute petite graine, tu renierais la Voie. Tu nous rapporterais des choses des quatre écoles de jurisprudence, des choses que personne n’a jamais vues ni entendues, comme si tu étais toi-même l’imam de ces quatre écoles à la fois, apparu pour nous aujourd’hui… mashaAllâh !

Non, en vérité, tu n’as aucune part et tu n’auras jamais aucune part dans ces madhâhib tant que tu ne te seras pas réalisé dans la haqîqa du madhhab originel et tant que tu ne seras pas parvenu à la source de al-kawthar pour y contempler al-Mustafa ﷺ, retournant à lui dans un état d’extinction (fanâ’) total et absolu, par la lecture de « lâ ilâha illa Allâh« .


[1] Sourate Muhammad, verset 19.
[2] Bakka al-mukarrama : nom donné à la ville de la Mecque.
[3] Référence aux versets : « Ce jour-là, l’Homme s’écriera : « Où fuir ? » Non ! Point de refuge ! En ce jour, c’est vers ton Seigneur qu’est le retour (al-mustaqarr). » [s75.v10-11-12].
[4] Référence à la sourate al-Qiyâma : « Le soleil et la lune seront réunis. » [s75.v9].
[5] La levée, ici dans le sens de l’apparition, telle l’aube au soleil levant (churuq).
[6] Que la paix soit sur nous ainsi que sur les vertueux serviteurs d’Allâh.
[7] Il s’agit ici du nom al-Rahmân : « al-Rahmân s’est établi sur le ‘arch. »
[8] Sourate al-Zalzala, verset 7.
[9] Sahîh al-Bukhâriy.
[10] Sahîh al-Bukhâriy.
[11] Awrâd : pluriel de wird.
[12] Sourate al-Anbiyâ’, verset 10.
[13] Rapporté par al-Bukhâriy.
[14] Sourate al-Ahzâb, verset 6.
[15] Rapporté par al-Bukhâriy et Muslim.
[16] Rapporté par al-Bukhâriy.
[17] Rapporté par al-Tabaraniy, al-Awsat.
[18] Sourate al-An’âm, verset 104.
[19] Sourate al-An’âm, verset 104.
[20] Référence au verset : « ils craignent un Jour où les cœurs et les regards seront retournés. » [S24.V37].
[21] Sourate al-Hajj, verset 46.
[22] Sourate al-An’âm, verset 104.

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